Comment jouer de la musique sous l’emprise du stress ?

Vous avez travaillé votre morceau pendant des semaines et pourtant, au moment de jouer, plus rien ne va: mains moites, pensées envahissantes, perte de moyens.

Si vous avez lu mon dernier article, vous comprenez peut-être déjà mieux l’origine de votre stress. Une question reste souvent sans réponse: que faire concrètement, au moment où le trac est là?

Dans cet article, vous allez découvrir une approche complémentaire pour la gestion du trac chez le musicien. Cette fois, il ne s’agit pas de mieux comprendre le stress, mais d’apprendre à jouer avec le stress.

On pourrait diviser notre cerveau en deux parties: une plus ancestrale, plus instinctive, qui réagit de manière automatique et surtout très rapide.
La deuxième partie est lente et elle est est aussi plus réfléchie, plus consciente.

La partie rapide et automatique du cerveau n’est pas capable de gérer les situations difficiles. Pour gérer ce genre de challenge, nous avons besoin d’être dans un état plus créatif, un état propice à trouver des solutions, plus adaptatif.

La bonne nouvelle c’est que cet état est accessible à tous, de manière plus au moins facile, selon les habitudes, l’entrainement. Tous les outils de pleine conscience (cohérence cardiaque, méditation, écriture automatique…) permettent de se mettre volontairement dans cet état plus adapté aux situations complexes.

Face à l’imprévu, comme par exemple le « blanc » qui survient au moment de jouer le morceau que vous avez tant et tant répété, le cerveau est en mode émotionnel. Il n’est pas possible à ce moment de le faire passer en mode adaptatif. L’émotion (souvent la peur dans notre cas), nous empêche de trouver la réponse.
L’urgence est alors d’apprendre à gérer l’émotion!

Comment gérer l’émotion dans l’urgence?

Quand l’amygdale s’active, elle nous met en état d’alerte, prêt à faire face à quelque chose que nous percevons comme un danger. en libérant les hormones de stress, tout notre corps est mobilisé pour assurer notre survie et nous n’avons plus accès au préfrontal (la partie du cerveau qui nous permettrait de gérer la situation difficile).

La première étape consiste à accueillir l’émotion vécue. Il s’agit donc de nommer ce que vous ressentez (Dites-lui par exemple, « Bienvenue la panique, que veux-tu me dire? »). Vous pouvez aussi la localiser dans le corps: ressentez-vous une oppression dans la poitrine, des mains moites, les jambes qui trembent?
Sachez que nommer l’émotion calme déjà considérablement l’amygdale!

En situation de crise ou de stress, je vous invite donc à accueillir pleinement ce que vous ressentez, comme un signal, plutôt que de chercher à l’éliminer à tout prix.
Ouvrez-vous à l’expérience désagréable, détachez-vous de vos pensées critiques, observer ce qui se passe en vous (émotions, sensations) avec bienveillance plutôt que de lutter. Cela permet de réduire l’intensité et la durée de l’état de stress désagréable.

Enfin, alors que l’inconfort est trop important, prenez un moment pour revenir dans l’instant présent. Pour cela, nos cinq sens peuvent nous servir de guide: concentrez-vous sur ce que vous voyez, ce que vous entendez, les contact de votre corps avec l’environnement etc.
Évidemment, cela demande d’entrainer notre focus pour qu’il puisse revenir au plus vite, même en situation de stress. Exercez-vous en situation calme pour que cet outil devienne un habitude et soit efficace plus rapidement!

Les neurosciences nous démontrent aujourd’hui que nous avons en nous un énorme potentiel. Nous n’avons malheureusement pas appris à nous en servir, mais notre cerveau à la capacité incroyable de se réorganiser, défaire et refaire des connexions neuronales tout au long de notre vie et des apprentissages et expérience que nous vivons.

Chaque nouvelle habitude, comme pratiquer la méditation par exemple, renforce les connexions de votre cerveau, même en période de stress. En pratiquant des exercices de pleine conscience régulièrement, votre cerveau crée de nouvelles connexions qui vous aideront à mieux gérer le stress et l’anxiété.

Veuillez donc à vous entrainer votre focus avant et, si un stress intense survient quand même, accueillez-le avec bienveillance et écoutez ce qu’il essaye de vous dire!

Vous souhaitez déconstruire vos mécanismes automatiques ancrés depuis des années? Je vous accompagne avec un regard extérieur bienveillant et vous aide à mobiliser vos meilleures ressources pour faire face aux défis du quotidien.

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